Baisse attendue des prix de la construction : quelles perspectives pour 2026 ?

L’indice du coût de la construction publié par l’INSEE affiche -2,89 % sur un an au premier trimestre 2026. Ce recul, le plus net depuis plusieurs années, alimente l’idée d’une accalmie généralisée sur les prix de la construction. La réalité des chantiers raconte une histoire plus contrastée, où certains postes baissent pendant que d’autres continuent de grimper.

Indice du coût de la construction et index BT : deux courbes, deux lectures

Réduire les prix de la construction à un seul indicateur fausse l’analyse. L’ICC mesure le coût global de la construction neuve de logements. Les index BT et TP, eux, suivent l’évolution des coûts par corps de métier et intègrent la main-d’oeuvre, les matériaux et l’énergie de façon distincte.

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Indicateur Périmètre Tendance début 2026
ICC (INSEE) Construction neuve de logements -2,89 % sur un an (T1 2026)
IPEA résidentiel Entretien-amélioration résidentiel +1,0 % sur le trimestre (T2 2026)
IPEA non résidentiel Entretien-amélioration non résidentiel +0,3 % sur le trimestre (T2 2026)
ICM (Indice coûts matériaux) Matériaux de construction Stabilisé à 117,1 (niveau 2024-2025)

La baisse de l’ICC reflète surtout un tassement de la demande en logement neuf et un desserrement partiel sur certains matériaux. En revanche, l’indice des prix d’entretien-amélioration (IPEA) progresse encore de 2,1 % sur un an au deuxième trimestre 2026.

Pour croiser ces données avec les projections du marché immobilier, les prévisions immobilières de Projet Immobilier détaillent les scénarios envisagés sur le coût de la construction neuve pour les mois à venir.

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Cheffe de projet sur un chantier de construction tenant une tablette affichant une baisse des coûts des matériaux en 2026

Entretien-amélioration : les postes qui tirent les prix vers le haut

La stabilisation des matériaux bruts ne se répercute pas sur les travaux de rénovation. L’IPEA progresse de 0,8 % sur un trimestre au T2 2026, porté par des corps de métier bien identifiés.

  • La menuiserie affiche la plus forte hausse trimestrielle : +1,6 %, avec un indice qui atteint 129,5. Le bois transformé et les menuiseries aluminium restent sous tension.
  • La plomberie, le chauffage et la climatisation progressent de +1,3 % sur le trimestre, alimentés par la demande liée aux pompes à chaleur et aux systèmes de ventilation conformes aux nouvelles exigences.
  • La peinture et la vitrerie augmentent de +0,8 %, un poste souvent sous-estimé dans les budgets de rénovation.

Ces hausses pèsent directement sur les particuliers engagés dans des travaux de rénovation énergétique. Le coût réel d’un chantier de rénovation continue d’augmenter, même quand les gros oeuvres neufs affichent des prix en recul.

Matériaux de construction en 2026 : stabilisation, pas retour en arrière

L’indice des coûts des matériaux (ICM) se maintient à 117,1, le même niveau qu’en 2024 et 2025. Cette stabilisation masque une réalité : les prix des matériaux restent 31 % plus élevés qu’en 2020 après la hausse cumulée entre 2020 et 2023.

Plusieurs facteurs empêchent un vrai reflux. Les coûts de transport n’ont pas retrouvé leur niveau pré-pandémique. Les tensions géopolitiques maintiennent une incertitude sur les chaînes d’approvisionnement en acier et en cuivre. Les exigences environnementales croissantes, notamment liées à la RE2020, ajoutent des surcoûts structurels sur les isolants, les systèmes de ventilation et les matériaux biosourcés.

Le plateau actuel des matériaux ne signifie pas que construire coûte moins cher. Il signifie que la spirale inflationniste s’est arrêtée, sans correction à la baisse significative.

Deux promoteurs immobiliers en réunion autour de rapports budgétaires et de maquettes pour anticiper la baisse des prix de construction en 2026

Activité du bâtiment et travaux publics : un contexte budgétaire qui pèse

Le volume d’activité dans le bâtiment reste orienté à la baisse. La FFB relève un recul des mises en chantier de logements, et le marché non résidentiel ne compense pas le manque.

Du côté des travaux publics, la FNTP anticipe un repli d’activité de -1 % en volume pour 2025, avec une accentuation prévue en 2026. L’année électorale municipale freine traditionnellement les commandes publiques. Le contexte budgétaire tendu renforce ce phénomène : des mesures d’ajustement pour les collectivités, estimées autour de 5 milliards d’euros, réduisent la capacité d’investissement local.

La Direction générale du Trésor note que l’investissement en construction reste fragilisé par la remontée des taux d’intérêt des dernières années, même si une stabilisation progressive est envisagée. La commande publique et la commande privée subissent des pressions distinctes, mais convergentes vers un ralentissement global.

Ce que les prix de la construction en 2026 disent du marché immobilier

La baisse de l’ICC crée une fenêtre pour les maîtres d’ouvrage du neuf, mais elle ne se traduit pas mécaniquement par des logements moins chers à l’achat. Le foncier, les normes environnementales et les frais de commercialisation représentent une part croissante du prix final.

Pour la rénovation, le signal est inverse : les prix montent toujours. Un propriétaire qui reporte des travaux d’isolation ou de changement de chauffage dans l’espoir d’une baisse risque de payer plus cher dans douze mois.

La baisse des coûts de construction neuve coexiste avec une hausse des coûts de rénovation. Cette divergence est le fait structurant de 2026 pour quiconque prépare un projet immobilier, qu’il s’agisse de construire ou de rénover un bien existant.

Baisse attendue des prix de la construction : quelles perspectives pour 2026 ?